Il y a quatre ans, un AVC a bouleversé ma vie.
Une spasticité sévère du côté droit, touchant mon avant-bras et ma main, me causait des douleurs, des crampes et une limitation importante de mes mouvements. Des gestes autrefois anodins sont devenus un défi quotidien.
La spasticité est due à une lésion du système nerveux central. Les muscles sont constamment sous tension, réagissant de manière incontrôlable et souvent douloureuse. Pour moi, cela se traduisait par un manque de contrôle, un repos quasi inexistant et une fatigue permanente.
Il y a environ trois ans, j'ai commencé quelque chose que je n'avais pas envisagé comme une thérapie au départ.
Je me suis souvenue de ma maison d'enfance : l'odeur du métal, le four de fusion et les outils d'orfèvrerie et d'horlogerie. Alors, je les ai ressortis : de vieilles limes, des pièces à main, des burins. Pas d'équipement de rééducation, pas de méthode prescrite : juste un établi d'orfèvre et ma propre détermination.
Ce qui avait commencé comme une joie de travailler et de créer est rapidement devenu une routine. Je passais du temps à l'établi chaque jour, travaillant lentement, concentrée et sans pression. Chaque mouvement avait un but ; chaque tâche de motricité fine exigeait précisément ce qui manquait cruellement à ma main droite.
Après quelques mois, l'effet fut évident : une plus grande mobilité, moins de crampes, une spasticité nettement réduite. Aujourd'hui, la douleur et les crampes ne me gênent presque plus. J'ai retrouvé le contrôle, et avec lui, une joie de vivre renouvelée.
C'est une situation gagnant-gagnant :
Moins de douleur signifie une plus grande mobilité.
Une plus grande mobilité signifie plus de liberté.
Je n'ai pas trouvé de solution miracle. Mais j'ai appris que la guérison commence parfois là où l'on reprend ses activités en tant que personne, et non plus en tant que patient.
Pour moi, cela s'est traduit pa